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tout ce qui est solide se dissout dans l'air
de darragh mckeon

      Les jours qui suivent la catastrophe de Tchernobyl sont racontés par le destin de citoyens déchirés entre révolte et acceptation fataliste de leur sort. En 1986, le monde est encore englué dans la guerre froide et peine à croire la catastrophe possible.

    La centrale de Tchernobyl vient d’exploser et, dans la campagne environnante, les yeux s’ouvrent sur un ciel anormalement rouge. En ce matin du 26 avril 1986, les oiseaux tombent comme des mouches, les vaches ont les oreilles qui saignent. Un épais silence règne et les humains pressentent qu’eux aussi pourraient être touchés dans leur chair. 

Le gouvernement de ce qui est encore l’URSS a décidé d’évacuer la campagne proche, arrachant les habitants à leurs terres et à leurs animaux, abattus car considérés comme contaminés. Une partie de ces hommes sera pourtant rappelée par la suite pour nettoyer la centrale, sans égard pour leurs vies. 

À l’international, on affiche un visage rassurant: l’affaire est sous contrôle et le nuage radioactif ne devrait pas se propager au-delà des frontières limitrophes… 

Grigori, un des meilleurs chirurgiens du pays, tente par tous les moyens de pousser les cadors du parti à prendre des mesures de grande ampleur face à la catastrophe qu'il voit se répandre sous ses yeux. En vain. Sa seule marge de manœuvre : se rendre sur le terrain et soigner le plus de malades possible. Parmi eux, une famille de la ruralité de Tchernobyl parquée en ville en attendant un retour à la normale, même si le terme sonne comme un mensonge. 

Quand il n’opère pas, Grigori pense à Maria. Depuis leur séparation, la jeune femme habite chez sa soeur et son fils Evgueni, un virtuose du piano de 9 ans. Les rêves de journaliste de Maria ont été tués dans l’oeuf car considérés comme dissidents par le régime et la jeune femme a dû retourner travailler à l’usine.

 

J'ai aimé le parti pris de l’auteur irlandais Darragh McKeon de traiter la catastrophe de Tchernobyl par un prisme individuel et non national ou étatique. J'ai été touchée par la dualité présente chez ses personnages, déchirés entre révolte et acceptation fataliste de leur sort. Tout ce qui est solide se dissout dans l’air se lit avec désenchantement et emballement. Le roman a des fondations historiques, mais il est surtout une fresque humaine aux accents tolstoïens déliée avec agilité et fluidité narrative.

À sa sortie en 2015 Tout ce qui est solide se dissout dans l’air a reçu le prix LIRE du meilleur roman étranger. 

 

Tout ce qui est solide se dissout dans l’air

de Darragh McKeon

Éditions Belfond (poche éditions 10/18)

En librairie le 20 août 2015.

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