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satisfaction
de nina bouraoui

      En suivant son mari en Algérie, Michèle Akli réalise qu’elle s’est éloignée de ses rêves. Elle consigne dans un journal ses regrets et sa culpabilité à laisser s’éloigner une vie dans laquelle elle se serait sentie vivante. Mais aurait-elle eu le cran de vivre à la hauteur de ses rêves ?

      Michèle Akli a posé ses valises à Alger dans les années 70, empruntant le chemin inverse de celui de beaucoup de Français qui ont quitté le territoire depuis l’indépendance. Elle a suivi Brahim, son mari, et regarde progressivement ce pays comme le “tombeau” de sa jeunesse et de ses rêves. Le couple jouit pourtant d'une certaine aisance matérielle : une maison, un jardin luxuriant, deux voitures. Madame Akli confesse dans son journal "Je ne vis rien, je fantasme tout","Je me suis trompée de vie”. Sa seule raison de vivre semble se refermer progressivement autour de son fils unique et adoré, Erwan. 

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Madame Alki a l’amour inquiet et lorsque son fils se prend d’amitié pour Bruce, une fillette à l’étrange allure de garçon, ses inquiétudes se meuvent en angoisses. Cet enfant la dérange mais elle n’ose pas en parler à Brahim, dont elle se sent de plus en plus lointaine. Elle se laisse embarquer par cette amitié enfantine et glisse entre les griffes de la mère de Bruce, Catherine, une séductrice aux allures de Catherine Deneuve. Au point d’en venir à la désirer sans savoir si c’est à cause de sa liberté, qu’elle envie, ou de sa féminité assumée, qu’elle jalouse. 

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Michèle Akli pourrait s’apparenter à une Mme Bovary des temps modernes. Elle fait preuve d’une certaine passivité et prie pour que quelque chose lui arrive, au fond. Elle se noie dans le vin et se cache dans son jardin pour ne pas affronter le monde extérieur. Elle vit dans la peur, celle d’un pays dans lequel elle se sent prisonnière, en insécurité, et où son couple, mixte, y est mal vu.

 

Je me suis ennuyée à plusieurs reprises à la lecture de ce roman et je n’ai pas vraiment saisi ce que Nina Bouraoui a voulu dire dans ce livre. Le questionnement autour du désir, autour d’une héroïne qui ne sait pas qui elle est ni pour elle-même ni pour la société était pour moi le thème central du livre et j'ai regretté qu'il ne soit pas poussé plus loin. La question du genre, abordée dans le regard que porte Mme Akli sur Bruce m’a paru clichée, déjà vue et m’a moins intéressée. 

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Satisfaction, de Nina Bouraoui.

Editions JC Lattès, 

En librairie le 18 août 2021

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