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Ce qu’il faut de nuit,

de Laurent Petitmangin

      Deux jeunes garçons grandissent dans un coin perdu de Lorraine. Leur père tente de joindre les deux bouts, maladroitement. De ne pas baisser les bras, malgré les non-dits et la violence qui rôde et menace de tout emporter. 

      Dans un bled balloté entre Metz et Nancy, deux fils sont élevés par leur père depuis la mort de la " moman ". Les perspectives ressemblent davantage à un entonnoir qu'à un chemin des possibles mais ils tentent de trouver un équilibre. Ils se parlent peu. Les mots du quotidien simplement. Le dîner, les devoirs, le match de foot du dimanche matin. Le père ne dit presque rien de ses journées dans un dépôt de la SNCF et de ses moments passés au local, où il retrouve quelques militants d’une gauche qui se ramollit. Cela ne veut pas dire que les trois hommes sont mal ensemble, au contraire. Ils s’aiment maladroitement, à demi-mot, mais chacun le sent.  

 

La nuit du coeur

 

Et puis, insidieusement, les choses commencent à se gâter. L’aîné, que tout le monde appelle Fus, est aperçu avec une bande d’ultras affiliés à l’extrême droite. Les non-dits pénètrent le foyer jusqu’à rendre le dialogue impossible. Un soir, la vie de la famille bascule dans la violence. C'est la case prison, l'éloignement, la blessure qui reste à vif. 

 

Ce roman, écrit à la première personne, se lit d'une traite. C'est un texte sur l’impuissance, l’impossibilité. Mais il est aussi et surtout un roman sur l’amour filial, sur ces riens qui font une vie. 

La fin est légèrement attendue mais l’intérêt et la beauté du livre se trouvent davantage dans cette langue qui sonne comme des débris de verre sous la dent, c’est âpre et cru à la fois. On y retrouve des accents du roman de Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux. 

 

Laurent Petitmangin est lui même Lorrain et fils de cheminots. Il passe ses vingt premières années à Metz, puis quitte sa ville natale pour poursuivre des études supérieures à Lyon. Il rentre chez Air France, société pour laquelle il travaille encore aujourd’hui.

 

Prix Stanislas du premier roman

Prix Georges-Brassens

Ce qu’il faut de nuit, Laurent Petitmangin

La manufacture de livres.

En librairie le 20 août 2020​.

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